Nous avons l'art, afin de ne pas mourir de la vérité. Frédéric Nietzsche
Strasbourg, 1994-1995

Kepler, le langage nécessaire, travail autour de l'astronome Johannes Kepler et dont le thème relit la guerre de Trente Ans à la guerre du Guatemala. Ce texte est devenu à Strasbourg lors de  sa création Nous avons l’art, afin de ne pas mourir de la vérité. Frédéric Nietzsche.

Texte et mise en scène d’Armand Gatti. Travail mené avec 80 stagiaires en situation d'exclusion (chômeurs, anciens drogués, anciens prisonniers (...), que Gatti appellent "ses loulous")  qui cherchent, à travers ce travail, à trouver une reconnaissance sociale.

Présentation en trois parties du travail les 5, 6, 7 juillet 1995 aux entrepôts désaffectés de la SNCF.
Une partie de l'expérience a été menée à la prison d'Elseau où 20 détenus ont construit les décors du spectacle et huit autres ont participé à un atelier de sérigraphie, dirigé par Stéphane Gatti. Ils ont réalisé une partie des affiches de l'expérience. Tous les détenus ont aussi pris des cours d'astronomie.
Les participants à l'expérience ont eu des cours de Kung-Fu, discipline qui a fait partie intégrante du spectacle, des ateliers d'écritures, des moments de prises de parole en groupe, et répétitions. Les 80 stagiaires sont répartis en cinq groupes et travaillent sur les thème de Kepler, Galilée (astronome italien du XVII siècle), Giordano Bruno (philosophe italien du XVI siècle), Sohrawardi (philosophe persan du XII siècle), et les indiens mayas.

Quelques semaines avant la représentation, quatre horloges solaires, réalisées par les stagiaires, sont exposées dans la ville de Strasbourg. Il y a l'horloge de Kepler, de Galilée, de Sohrawardi  et celle des Mayas. L'une est exposée à la gare SNCF, l'autre devant les locaux de la communauté urbaine de Strasbourg (CUS), une troisième devant le théâtre du Maillon, et la dernière à la maison d'arrêt de Strasbourg, Elseau. Pour les représentations, les horloges ont été ramenées dans l'entrepôt. Sont exposés également, les affiches réalisées elles-aussi par les stagiaires, ainsi que des murs de vidéos. Lors des représentations un glossaire des concepts intellectuels utilisés dans le spectacles ont été distribué aux spectateurs. Tout au long du processus de création, ont été réalisé avec des scientifiques,  des conférences et des "journaux" (Carnet de route, 3 numéros).

Cette pièce "scientifique" sera un préliminaire à un nouveau travail d' écriture d'Armand Gatti qui donnera par la suite un ensemble de pièces regroupées sous le titre  La Traversée des langages.

Production :  La Parole errante, La Laiterie, en collaboration avec le Jardin des Sciences de Strasbourg, le théâtre du Maillon, la maison d’arrêt de Strasbourg, Action culturelle du bassin lorrain, l’université Louis Pasteur de Strasbourg. Soutiens principaux : la ville de Strasbourg, la Direction départementale du travail, les ministères de la Justice et de la Culture, la Caisse des dépôts et des consignations, la Commission européenne, le Fonds d'action social.