Le Poème de Berlin ou Les Personnages de théâtre meurent dans la rue
Théâtre
Montreuil, janvier 2014

Texte Armand Gatti

Mise en scène Jean-Marc Luneau

Avec : Pauline Rumen, Marion Franqui et Sébastien Turner

Représentations du 18 au 20 janvier à La Parole errante à La Maison de l'arbre.

 

Fin 1968, Armand Gatti s'installe à Berlin où il a été invité comme écrivain résident. Il doit se lancer à la recherche de Rosa Luxemburg. Il écrira Rosa collective, puis Quatre schizophrénies à la recherche d'un pays dont l'existence est contestée ; il fera un film sur les immigrés espagnols, Le Passage de l'Ebre ; il travaillera avec des étudiants, des ouvriers turcs.
Mais à son arrivée, cette ville au statut irréel, cette Jérusalem politique le subjugue, le submerge. Il y retrouve tout ce qui fut jusqu'ici ses préoccupations. La guerre bien sûr, la résistance, la contestation, la condition ouvrière, l'immigration, le foisonnement artistique, quelques grandes figures de son panthéon personnel. La ville est un immense point d'interrogation. Il entreprend alors ce long poème Les personnages de théâtre meurent dans la rue qui deviendra Le poème de Berlin.
Le texte pose d'abord la question de la présence même de Gatti dans la ville. Quels "Je" sont en jeu ? Puis, puisque c'est à son statut de dramaturge qu'il doit d'être là, comment un artiste peut-il intervenir, par sa création, dans une ville dont la réalité dépasse l'imaginaire ? Et comme toujours chez Armand Gatti, l'écriture se questionne elle-même. Au "que dire ?" s'ajoute le "comment dire ?" Quelle langue, qui ne soit pas déjà une idéologie, pour dire Berlin ?


© Affiche : Auteur : Raymond Moretti - © : La Parole errante.