Nous et le Mur
Exposition
2007
Paris, janvier à juin - septembre / Montreuil, octobre

 

L'exposition "Nous et le Mur" est l'aboutissement d'un travail de 6 mois mené au foyer Saint-Jacques, avec Emmaüs, de janvier à juin 2007.
Ateliers de sérigraphies, rencontres, entretiens sonores... L'exposition de ces travaux a eu lieu en septembre au foyer Saint-Jacques puis en octobre à La Parole errante à Montreuil.


Un catalogue d'exposition a été réalisé :
À quelles fins y a t-il des mésanges dans le monde - Rosa Luxembourg
(81 pages) :
Commander le catalogue : 15 € + frais de port

 

 

Le foyer Saint-Jacques a été confié à l’association Emmaüs pour accueillir les sans-abris du canal Saint-Martin. Une expérience qui a duré 6 mois. Dans le bâtiment, il y avait deux structures différentes, un foyer Emmaüs de 60 personnes animé par Mustapha B. et un groupe autogéré, « les enfants du canal » constitué de 25 personnes.
 Cette expérience, limitée dans le temps se déroula avec une légèreté inhabituelle. L’équipe, les hébergés et les intervenants sont arrivés presque en même temps dans le bâtiment. Ensemble, ils ont inventé un mode de fonctionnement. L’équipe de La Parole errante, dans son travail au foyer, était nourrie par les évènements du canal. Mustapha B. avait le désir que les traces soient gardées de cette aventure. Dans une salle au premier étage, nous avons installé un atelier de sérigraphie qui produisait des affiches autour de la question du « mur ». Dans le foyer, nous avons réalisés des enregistrements de trajets individuels pour rendre compte de la façon dont le rhizome Saint-Jacques s’était construit.

Un rhizome c’est quoi ?


« À la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque, et chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature, il met en jeu des régimes de signes très différents et même des états de non-signes. Le rhizome ne se laisse ramener ni à l’un ni au multiple. (…) Le rhizome n’est fait que de lignes : lignes de segmentarité, de stratification, , comme dimensions, mais aussi lignes de fuite ou de déterritorialisation comme dimension maximale d’après laquelle, en la suivant, la multiplicité se métamorphose, en changeant de nature (…). Le rhizome est un système acentré, non hiérarchique et non signifiant, sans Général, sans mémoire organisatrice ou automate central, uniquement défini par la circulation d’états. »

Gille Deleuze in Mille Plateaux


La Particularité des lignes qui se croisent au foyer Saint-Jacques est qu’elles s’inscrivent dans les problèmes que la société n’arrive pas à régler : la violence, la guerre d’Algérie, la banlieue, la DDASS, le mariage, la prison…et qu’elles continuent à s’inscrire dans la détresse qui les a enfantées…Chacun est référé à son état de non-signes. Il n’est plus ce qu’il était, il n’est pas encore ce qu’il fera. Il devient le spectateur de l’accumulation des dénies en suspens.

(Introduction au catalogue)



Ce travail a été réalisé par Stéphane Gatti. Ateliers d'affiches : Stéphane Gatti / Scénographie : Rodolphe Auté / Son : Benoit Artaud / Sérigraphie : Benjamin Gatti / Administration : La Parole errante, Jean-Jacques Hocquard.

Remerciements : À l'équipe du foyer Saint-Jacques et à son responsable, Mustapha Bektaoui / Aux compagnons qui nous ont accueillis et aux hébergés : Abdelesselem, Almani, Amor, Benta, Eddy, Etibar, Ghania, Habiba, Kamel, Pascal, Philippe, Rachid, Sebbana / à l'association Emmaüs.


Production La Parole errante avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication (direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France), du Conseil Régional d'Ile-de-France, du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis et de la ville de Montreuil.