DECEMBRE 2011

La Parole errante à la Maison de l'arbre - 9, rue François Debergue - 93100 Montreuil
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Les lectures du Jardin des langages

Tous les jeudis à La Parole errante au « Café » Michèle Firk.
Entrée libre.

Jeudi 1er décembre 2011 à 19h

Lecture de Nous autres d' Evgueni ZAMIATINE (extraits)


Nom, Prénom, Patronyme : Zamiatine, Evgueni Ivanovitch. Alias : Le snob flegmatique, l’Anglais moscovite, le diable des lettres soviétiques.
Né le : 20 janvier 1884 à Lebedian, ville de la province de Tambov, réputée alors « pour ses foires, ses Tziganes, ses tricheurs, l’âpreté et la saveur de sa langue russe ».
Décédé le : 10 mars 1937, à Paris d’une angine de poitrine. Sa mort ne fut pas mentionnée dans la presse soviétique...
Situation familiale : Trigame, Zamiatine épouse la même année (1908) : la carrière littéraire, l’ingénierie navale et Lioudmila Oussova, une étudiante en médecine rencontrée à Saint-Pétersbourg sur les barricades de la révolution manquée de 1905. Premier et unique amour de Zamiatine.
Profession : ingénieur naval, enseignant et écrivain.Il est proche des SR . Ses études l’amènent à sillonner les fleuves et les rivières de la Russie occidentale, à parcourir les mers...De passage à Odessa, il assiste à la mutinerie du cuirassé Potemkine. En 1916, supervise la construction des brise-glaces de l’empire russe sur les chantiers d’Angleterre. En lisant dans la presse britannique les titres « Revolution in Russia », « Abdication of Russian Tzar », il décide de rentrer et rejoint la Russie en septembre 1917. Zamiatine devient un acteur majeur de la vie littéraire foisonnante des années vingt. Il collabore à de nombreuses revues, organise des conférences, publie, ... anime le courant littéraire des Frères de Sérapion, composé de jeunes auteurs tous proches d'une littérature « du fantastique » le « réalisme » de ce temps là...Mais les temps changent. Dans une lettre à Staline il dénonce « la peine de mort littéraire » . Il est condamné et part à l'étranger en 1931...
Signes particuliers : être un habitant des points de suspension, qui le conduiront aux interdits et à l'exil...De son propre aveu, le citoyen Zamiatine souffre d’hérésie chronique. Il passera, en effet, toute sa vie en marge des courants dominants : Anglais moscovite, ingénieur écrivain, fils de prêtre et bolchevik, garde-blanc pour la Tcheka… "Seule l’hérésie fait vivre le monde", écrit-il en 1920, elle est la source de toute création.
Zamiatine est un inconnu illustre. Après sa mort en exil, celui qui fut l’un des plus célèbres écrivains des années vingt a été oublié, à dessein, par la Russie soviétique. Son roman anti-utopiste Nous autres écrit en 1920 et le scandale littéraire qu’il a provoqué, est le fruit de la profonde désillusion du nouveau pouvoir soviétique. Pour Orwell, ce texte, écrit près de 20 ans avant son « 1984 » était prémonitoire.




Les lectures du Jardin des langages

Tous les jeudis à La Parole errante au « Café » Michèle Firk.
Entrée libre.

Jeudi 8 décembre 2011 à 19h

Lecture intégrale de L'Homme qui plantait des arbres de Jean GIONO.


Jean Giono est un écrivain et scénariste français, d'une famille d'origine piémontaise. Un grand nombre de ses ouvrages a pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l'homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle. Il fut accusé à tort de soutenir le Régime de Vichy et d'être collaborateur avec l'Allemagne nazie pendant la Seconde guerre mondiale. Son pacifisme l'a conduit à refuser toute opposition armée au nazisme.
Bien des résistants qui avaient été torturés et avaient risqué leur vie pour libérer le pays du joug nazi et du régime de Vichy ne lui avaient pas pardonné cette phrase qui traduisait son pacifisme jusqu'au boutiste : "Je préfère être un Allemand vivant qu'un Français mort", considérant cette citation comme une offense à leurs morts.

L'homme qui plantait des arbres.
Jean Giono nous montre avec ce livre un rapport à la nature coupé de la réalité, isolé, qui permet une symbiose, une attention mutuelle entre l'homme et la nature qui l'entoure.
Cette communion est magnifique et profonde, intime. Elle nous apprends que l'Homme n'est pas forcément le destructeur que l'on connaît. Qu'il peut créer s'il le souhaite, s'il si investit fondamentalement.
Mais cette coupure, ce refus même de faire parti de son monde, devient une fuite face à des événements dramatique, la guerre par exemple.
Comment vivre en temps qu'Homme, s'occupant des siens et participant au monde réel, tout en étant capable du détachement nécessaire pour entretenir ce lien éternel avec la nature qui vit avec nous ?
« Ce champ n'est à personne. Je ne veux pas de ce champ; je veux vivre avec ce champ et que ce champ vive avec moi, qu'il jouisse sous le vent et le soleil et la pluie, et que nous soyons en accord. Voilà la grande libération païenne. »
(J.Giono, Le Voyage en Italie.)





Samedi 10 décembre à 20H30 et dimanche 11 décembre 2011 à 17h
Présentation de la création
Un siècle d'industrie de Marc Dugowson

Mise en scène de Julien Gaunet. Compagnie du Cheval Noir.

Contacter par email. Attention jauge limitée à 50 personnes. Participation libre.






Les lectures du Jardin des langages

Tous les jeudis à La Parole errante au « Café » Michèle Firk.
Entrée libre.

Jeudi 15 décembre 2011 à 19h

Lecture de Walden ou la vie dans les bois de Henri David THOREAU (extraits)


Henri David Thoreau est né le 12 juillet 1817 à Concord, Massachusets dans une famille pauvre – le père est marchand de crayons. Après des études indisciplinées, il obtient son diplôme à Harvard en 1837 et rentre à Concord comme maître d'école et se fait licencier pour avoir refusé d'appliquer la règle des châtiments corporels.
Il fait la connaissance d'écrivains et de poètes, tels Nathaniel Hawthorne et Ralph Waldo Emerson, père du transcendantalisme. Non conformiste déjà résolu, il s'impose alors comme l'un des membres influents de ce mouvement idéaliste, mystique et panthéiste. À l'âge de 28 ans, il concrétise ses idéaux et part vivre pendant 36 mois dans la forêt, sur les bords de l'étang de Walden. De cette expérience naîtra un de ses principaux ouvrages, Walden ou la vie dans les bois, qui paraîtra en 1854. En 1860, après une vie partagée entre l'écriture, les vagabondages, la petite entreprise familiale de crayons et les prises de position publique en faveur des opprimés et des anarchistes, il contracte la tuberculose et meurt le 6 mai 1862 à Concord.

Walden ou la vie dans les bois retrace donc l'expérience de l'écrivain qui décide, en plein XIXème siècle, dans un pays qui est en passe de devenir le plus industrialisé du monde, de tourner le dos à la civilisation et de s'installer, dans les bois, dans une cabane qu'il a construite lui-même. Pendant deux ans, deux mois et deux jours, il ne devra plus sa vie qu'au travail de ses mains sans cependant être totalement isolé car le village de Concord n'est pas si loin et Thoreau y reçoit également la visite de ces amis. Ce retrait né d'une « révolte solitaire » n'est en rien une fuite absolue mais une volonté d'expérimenter un retour à la nature dans une démarche philosophique en opposition avec la société moderne avilissante. C'est en ce sens que Michel Granger parle d' « écologie littéraire » dont Thoreau serait le père. Loin d'une béatification de la vie sauvage teintée de misanthropie, ce retour à la nature est à comprendre comme un retour à soi, une possibilité de penser toutes choses et tous êtres comme « l'envers de ce qui est au-dedans de nous ».




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